à méditer (1)

« L’imagination est une ivresse, la réalité sa gueule de bois ».

Boulet, http://www.bouletcorp.com/blog/2013/03/04/le-futur-est-pour-apres-demain/

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Une somme

La couverture du livre  La Seconde Guerre mondiale , d'Antony Beevor. 

Plutôt que d’écrire un avis ou une propre critique sur cet ouvrage, non pas par paresse ou modestie face à la tâche, je préfère reprendre ici l’interview du Figaro dans son intégralité, je partage en tout point l’avis du journaliste:

 » L’historien britannique Antony Beevor n’a pas des millions de lecteurs par hasard. Chacun de ses livres, fruit de recherches minutieuses, allie esprit de synthèse et sens du détail qui fait mouche. Son dernier ouvrage nous entraîne dans le récit haletant du «plus grand désastre d’origine humaine», la Seconde Guerre mondiale. Nous avons rencontré l’auteur à Londres.

LE FIGARO. – Vous avez écrit  des livres sur le D-Day, Stalingrad ou la chute de Berlin:  pourquoi cette grande synthèse?

Antony BEEVOR. – J’ai voulu rendre compte de la guerre dans sa totalité, notamment les rapports entre la guerre en Europe et dans le Pacifique. Comme l’histoire révélatrice de ce pauvre Coréen qui fut contraint de se battre dans les armées japonaise, russe, allemande avant se rendre finalement en juin 1944 à des parachu­tistes américains. Il est l’incarnation de l’impuissance de l’individu face au déchaînement de forces titanesques. Un drame qui défie notre compréhension. C’est cela aussi qui m’a fasciné, cette histoire d’en bas.

D’autres histoires vous  ont-elles marqué?

Oui, cette anecdote, minuscule en comparaison des horreurs du Front de l’Est: la femme d’un fermier allemand qui était tombée folle amoureuse d’un prisonnier de guerre français et qui, cachée sous un train, s’est retrouvée à Paris en 1945. On ne sait pas ce qui lui est arrivé. On dirait un roman de Marguerite Duras. Ce sont deux lignes que j’ai trouvées aux Archives nationales, dans un rapport de la DST.

Votre récit s’ouvre en août 1939, avec la victoire remportée par le Soviétique Joukov sur les Japonais à Khalkin-Gol, entre la Mongolie et la Mandchourie… et se termine en août 1945, six ans plus tard, au même endroit, avec l’invasion par l’Armée rouge du nord de la Chine. Quand commence et se termine la Seconde Guerre mondiale?

Certains historiens parlent d’une «guerre de trente ans» de 1914 à 1945. D’autres soutiennent qu’elle commença en 1917, avec le coup d’État bolchevique, et se poursuivit même jusqu’en 1989, avec la chute du communisme. On pourrait débattre pendant des heures, sans que l’on puisse généraliser: la Seconde Guerre mondiale est un conglomérat de conflits. Avec aussi un côté «guerre civile» internationale.

La dimension asiatique du conflit a-t-elle été sous-estimée  par les historiens occidentaux?

Oui, la guerre en Chine ou dans le Pacifique a été complètement ignorée en Europe pendant des générations. Cela vient en partie de la décision de Churchillet de Roosevelt de concentrer d’abord la guerre en Europe, de vaincre Hitler et les nazis.

Mais, pour ceux qui se trouvaient dans une île ou une jungle du Pacifique, la guerre en Europe, dans la neige, c’était aussi inimaginable! Quand, le 9 mai 1945, les marines américains engagés là-bas ont appris que l’Allemagne avait capitulé, leur réaction a été: «Et alors?» Pour eux, c’était tellement loin. Comme sur une autre planète.

C’est un choc d’apprendre le cannibalisme pratiqué par des soldats japonais…

Je n’étais pas du tout au courant de cela. Les autorités alliées – Australiens et Américains – décidèrent de passer cette réalité sous silence: à cause de l’effet traumatisant que cela aurait eu sur les parents qui n’auraient pas su si leurs proches étaient morts de maladie ou avaient été mangés par les Japonais.

C’est un tabou?

Oui, mais cela ne l’était pas pour les militaires japonais. Dans l’esprit d’officiers fanatiques, cela relevait d’une certaine logique, certes abominable.

C’était systématique?

Oui. Des soldats japonais ont mangé aussi les cadavres de leurs cama­rades, mais ils ne les avaient pas tués. Dans le cas des indigènes et des prisonniers de guerre, ils les avaient parqués vivants comme du bétail afin de les tuer pour consommer leur chair. Comme ce soldat qui, ayant violé, tué et découpé une jeune Chinoise, la décrivit comme «bonne et tendre». D’où mon étonnement quand j’appris que mes éditeurs japonais furent les premiers à signer pour la publication du livre. Je me suis tout de suite assuré qu’ils avaient bien tout lu et qu’aucun passage ne serait supprimé.

Du côté du front de l’Est,  il y a cette incroyable opération Mars en novembre 1942  de la part de Staline…

Celui-ci, pour être sûr que les Allemands ne bougeraient pas leurs troupes – et pouvoir garantir la victoire à Stalingrad -, leur avait donné à l’avance les détails de l’opération: sacrifier ainsi plus de deux cent mille de ses hommes pour une diversion, c’est à mon avis le truc le plus cynique dans l’histoire de la guerre!

Pour relater un événement aussi énorme que ce conflit planétaire, vous a-t-il fallu faire des choix?

Bien sûr. Je crois que l’histoire est une branche de la littérature et non pas des sciences, comme le prétendent les Allemands. C’est de la folie de dire qu’on peut être scientifique avec l’histoire. Il faut accepter de ne jamais pouvoir écrire toute la vérité. Affirmer qu’un livre est définitif, c’est plutôt ridicule.

Quels historiens vous ont inspiré?

Ça dépend sur quel sujet… mais au début, John Keegan. À cause d’Anatomie de la bataille (The Face of Battle), un livre vraiment important. Un ouvrage d’histoire mili­taire renversait pour la première fois l’idée qu’une bataille, c’était un jeu d’échecs joué par des généraux: l’historien devait rendre compte de ce qui se passait réellement sur le terrain.

La Seconde Guerre mondiale  nous marque-t-elle encore?

Sans elle, on ne peut rien comprendre des problèmes d’aujourd’hui. En même temps, elle est devenue le point de référence de toutes les ­crises et de tous les conflits d’aujourd’hui. Ça, c’est très dangereux. Par exemple, lorsqu’on affuble Angela Merkel des moustaches d’Hitler ou qu’on compare le 11 septembre 2001 à Pearl Harbor. L’histoire ne se répète jamais.

Pourquoi cet intérêt actuel  du public?

À cette époque, il y avait des choix moraux partout, pour tout le monde. Cela n’existe plus vraiment aujourd’hui. On vit dans une société où l’on accepte tout, où il ne faut juger personne. Mais pour le lecteur, l’idée de ce choix moral reste toujours fascinante. Les jeunes se disent: «Dans ces circonstances, qu’aurais-je fait, moi?» »

La Seconde Guerre mondiale, d’Antony Beevor, traduit de l’anglais par Raymond Clarinard, Calmann-Lévy, 1 008 p., 28,50 €.


 

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2013 – Résolutions

Traditionnel mais essentiel:

13 bonnes résolutions pour l’année 2013

  1. Toujours du plaisir sans déplaisir;
  2. Refuser la routine qu’elle soit bonne ou mauvaise, le changement est par essence inscrit dans une existance humaine;
  3. Arrêter de vouloir changer les gens autour de moi, personne ne pourra le faire à leur place…
  4. Ne pas se rendre insensible aux choses, toujours garder un minimum de sensibilité;
  5. Développer mon potentiel. Rêver son avenir c’est indispensable, le construire c’est mieux !
  6. Continuer à développer mes connaissances;
  7. Arrêter de perdre mon temps. Vivre le présent, préparer le futur, ne pas gaspiller son temps dans des combats perdus d’avance…
  8. Assumer mes responsabilités – Je suis peut être une poussière au niveau de l’Univers mais ma vie est hautement signifiante pour moi et mes proches;
  9. Ne pas m’impliquer dans des drames inutiles, laisser cela aux spécialistes;
  10. Prendre plus de temps pour juger, se forger une opinion (même si la première impression est souvent déterminante)
  11. Arrêter de se concentrer sur le négatif. C’est à la portée de n’importe qui de trouver des défauts, c’est plus intéressant de rechercher la beauté et la perfection (et de comprendre pourquoi);
  12. Considérer que le changement est une bonne chose. Notre environnement change en permanence (et le fera toujours). Pour l’essentiel, nous n’avons aucune prise sur les choses qui nous arrivent, par contre nous avons le contrôle sur la façon dont nous les ressentons et dont nous nous les approprions.
  13. Respecter ce qui précède lors de toute action ou décision !
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Bon film (14): Man from Earth (2007)

Le film de science-fiction probablement le moins cher de l’histoire mais un des meilleurs…


JEROME BIXBY'S THE MAN FROM EARTH (2007) Trailer par bester_lee

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Bon film (13): Polisse (2011)

La claque. Sujet évidemment sensible mais tempo et individualités exceptionnelles.

 

Bande Annonce de Polisse de Maïwenn par sortiescinema

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Quelques pas vers la lumière

Tout ce qui nous entoure… Nos maisons, nos voitures, tous les objets qui nous sont familiers, tout cela a bien un jour été créé… Pas de hasard là-dedans, il ne viendrait à l’idée de personne de remettre en cause que toutes ces choses ne sont pas tombées du ciel… Ce n’est pas une pluie de navires qui a rempli nos ports ni un coup de vent, même cosmique, qui nous a apportés nos postes de télévision ou nos gramophones !

Toutes ces inventions sont des créations humaines. Au départ, à chaque fois, il y a juste une idée, une pensée, une intention.

Mais si nous considérons ce que nous n’avons pas créé nous-mêmes… Les êtres vivants, le ciel, les océans, l’univers lui-même, les lois de la physique dont la gravitation, qui nous évite à chaque instant d’être propulsés sur la lune… Toutes ces créations plus majestueuses que nos plus fiers paquebots seraient, elles, subitement nées d’une suite de hasard !

Ce que nous n’avons pas créé n’aurait pas été créé ? Intriguant !

Ne serions nous pas plutôt aussi une pensée matérialisée ? Des explorateurs de la matière voyageant dans notre propre création ?

Car qui pourrions nous être, sinon le créateur lui-même ?”

Bruno Marchand, La géométrie du hasard

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Bon film (12): Hannah (2011)

Mauvais trailer à ne pas regarder à la limite. Mais le film est bon: la photo, les acteurs, le montage, et la bande originale (Chemical Brothers) sont supers.

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Je devins poète

“Sur l’Ancienne Terre, je composais mes poèmes sur un processeur de pensée persoc Sadu-Dekenar, affalé dans un fauteuil rembourré à dossier inclinable, ou bien flottant dans ma barge EM au-dessus des sombres lagunes, ou encore en me promenant à pied, absorbé dans mes pensées, dans des berceaux de verdure odoriférants. Les produits exécrables, mous du poignet, indisciplinés et flatulents de ces réveries créatrices ont déjà été décrits.

Mais sur Heaven’s Gate, j’avais découvert les vertus stimulantes pour l’esprit du travail physique et devrais-je dire plutot du travail physique brise-membres, éclate-poumons, tord-entrailles, déchire-ligaments et rompt-les-couilles. Mais tant le labeur est pesant et répétitif, découvris-je, l’esprit n’est pas seulement libre de vagabonder vers des climats plus cléments, il s’envole littéralement vers les cimes.

Sur Heaven’s Gate, tout en raclant la merde des canaux à boue dans la lumière rouge de Véga Primo, tout en rampant sur les mains et sur les genoux parmi les stalactites et les stalagmites des bactéries de recyclage qui tapissaient les conduites labyrinthiennes de la station, je devins poète.

Tout ce qu’il me manquait , c’était les mots.”

Dan Simmons, Hypérion

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Bon film (11): Le vieux fusil (1976)

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Fondements

  1. Toute utilisation d’un produit ou d’un service fait naître des insatisfactions qui vont tendre à en réduire l’usage.
  2. Toute insatisfaction à laquelle il n’est pas trouvé de réponse conduit à un sentiment de manque se transformant progressivement en besoin (et notamment en besoin de changement).
  3. Tout changement de comportement, toute modification des habitudes est la réponse du consommateur qui rencontre une offre réduisant ou faisant disparaître ses insatisfactions.
  4. Il est très facile d’exprimer des insatisfactions à propos de produits ou services que l’on connaît et utilise. Il est très difficile d’exprimer ses attentes et ses souhaits à propos de produits et services que l’on ne connaît pas.
  5. Plus les insatisfactions sont nombreuses et intenses, plus la valeur des réponses apportées est élevée, et plus les opportunités de création de nouveaux produits ou services sont grandes.
  6. Ce n’est pas aux consommateurs de trouver les solutions aux problèmes d’évolution ou de création de produits et de services. C’est à l’entreprise de comprendre ces problèmeset de proposer les solutions pour les résoudre.
  7. L’homme est un éternel insatisfait. Ses insatisfactions sont une source permanente de progrès et d’évolution.

M. Demarest – G. Krycève, Le marketing créatique

 

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Bon film (10): Le Dictateur (1940)

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Bon film (9): Tampopo (1985)

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Ubik

« Dès le réveil, un plein bol de bons flocons Ubik, la céréale pour adultes, plus croustillante, plus délicieuse, plus nutritive.
La céréale des petits déjeuners joyeux, exquise jusqu’à la dernière cuillerée !
Ne pas dépasser la portion conseillé pour un repas.  »

Philip K. Dick, Ubik

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Bon film (8): Le journal d’une femme de chambre (1964)

Rien à rajouter sur la bande annonce…

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Bon film (7): Au revoir les enfants (1987)

Bien que l’intrigue soit cousue de fil blanc et qu’il n’y ait aucune surprise, c’est magistralement filmé et interprété…

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